ONBA - SURHOMME
Pour le profane, un chef d'orchestre donne souvent l'image d'un surhomme qui peut d'un seul geste déclencher la foudre ou apaiser la tempête. Avec Alain Altinoglu, il semble que ce ne soit pas seulement une image. Quelle vitalité ! Quelle autorité ! Quelle énergie ! Il commence le concert par « La Mer », de Debussy, qui n'est rien moins qu'une ouverture amuse-gueule, en réalisant un parfait équilibre entre la vision globale et le soin du détail. Il dose magistralement la progression de la lumière « De l'aube à midi », révèle toute l'inventivité des « Jeux de vagues », et pousse à son paroxysme le dramatique « Dialogue du vent et de la mer ». Aussitôt, il se mue en jazzman pour jouer avec autant de virtuosité que d'expressivité le solo de piano de « Rhapsody in Blue », de Gershwin. Son visage reflète sans nulle tricherie tous ses sentiments successifs, de la souffrance à l'exaltation, de l'humour à la fièvre rythmique. Et sur un simple hochement de tête l'orchestre entre en totale empathie avec lui, à l'instar de Richard Rimbert, dont le fameux glissando de clarinette fait frissonner l'échine de tous les auditeurs. À la surprise générale, il improvise ensuite un bis incroyable, débutant par un clin d'oeil au choeur « Gloire immortelle de nos aïeux » du « Faust » de Gounod, qu'il dirige en ce moment dans le monde entier, et continuant par un « I Got Rhythm » endiablé, sur l'immortel standard de Gershwin. Sans la moindre trace de fatigue ni le moindre défaut de concentration, il reprend la baguette pour le Concerto pour orchestre, de Bartok, un tout autre univers. Dans son regard bleu acier, on lit le caractère qu'il attend de chaque note de la première mélodie avant d'en entendre la réalisation exacte par les violoncelles et les contrebasses. C'est loin d'être la première fois qu'on entend ce morceau de bravoure par l'ONBA, mais cette interprétation restera marquante, autant pour le public que pour les musiciens, réunis dans une ovation unanime pour le jeune chef français. Même si sa brillante carrière internationale ne lui permet pas de se fixer à Bordeaux, on espère tous qu'il y fera très souvent escale entre les opéras de Vienne et de New York. À un surhomme, rien d'impossible !
François Clairant - Journal Sud-Ouest du 29 octobre 2011 à propos du Concert de l'Orchestre National Bordeaux Aquitaine au Palais des sports de Bordeaux le 27 octobre 2011
Et la musique du compositeur français de cumuler avec une rare habilité le charme et le drame, la douceur et le persiflage, le surnaturel et le commun. Autant d'atmosphères que l'orchestre d'Alain Altinoglu restitue dans un mélange de force et de malice, de gentillesse et de bonne humeur et avec un soin particulier aux multiples soli instrumentaux qui mettent en valeur les pupitres de l'orchestre de la Monnaie.
Serge Martin - Le soir, 12 décembre 2011 - Cendrillon de Massenet à la Monnaie de Bruxelles
Au pupitre de direction, Alain Altinoglu réalise un écrin sonore pour les chanteurs. Il ne couvre jamais les voix et emmène ses troupes avec une belle alacrité pendant toutes les parties de ballet. C’est un musicien efficace, décidé, qui peut faire preuve de gaillardise.
Philippe Dewolf pour RTBF , le 12 décembre à propos de Cendrillon
En parfaite symbiose avec une distribution de chanteurs habités par leurs drôles de créatures et un orchestre qui, sous le nerf tendu de la direction d’Alain Altinoglu, rend à Massenet la fraîcheur et les couleurs de son arc en ciel musical.
Caroline Alexander dans Webthea.com , 12 décembre à propos de Cendrillon
Le chef Alain Altinoglu dirige cette musique avec sûreté, maintenant l’équilibre complexe entre la délicatesse et le comique.
Lauriers enfin pour Alain Altinoglu, qui trouve le juste pouls du conte et de ses changements de climat, faisant entendre toutes les beautés d'une partition... magique. L'année Massenet commence déjà !
Emmanuel Dupuy pour Diapason